PLANCHE XLII.
(VI, t. VII de l'Edition royale.)
Les amours de Mars et de Vénus font le sujet d'un grand nombre de monumens antiques. Ici, par une fantaisie pittoresque, les figures paraissent portées dans les airs. Le Dieu, vêtu de la chlamyde, n'a de son armure que le casque ombragé d'un panache; un Amour, volant à ses côtés, porte son glaive en triomphe. Cythérée tient d'une main un éventail, et de l'autre soutient un voile qui s'élève au-dessus de sa tête, enflé par l'air. Elle est parée d'un collier, de bracelets d'or et de cercles d'or au bas des jambes (periscelides). Un autre Amour, tenant d'une seule main son arc et ses flèches, comme un vainqueur qui n'a plus besoin de ses armes, vole près de Vénus, et semble sourire avec malignité à l'union qui est son ouvrage.
Hauteur, 1 P. 5 p°. 6 lig.—Larg. 1 P. 1 p°. 6 lig.
PLANCHE XLIII.
(XXII, t. VII de l'Edition royale.)
Cette Muse agréablement peinte sur un fond blanc, couronnée de lauriers, le manteau d'une couleur changeante entre le vert et le rouge, les poignets ornés de bracelets, porte pour attributs la massue et un masque d'Hercule jeune, coiffé de la peau du lion. La massue donnée pour attribut à la Muse tragique, est regardée comme faisant, en général, allusion aux Héros des temps les plus reculés. Le masque, ici, semble confirmer l'opinion qu'elle est plus particulièrement relative au fils de Jupiter, dont les actions merveilleuses fournissaient aux tragiques un grand nombre de sujets toujours applaudis. Les anciens n'ont souvent donné aux images de leurs divinités qu'une partie de leurs attributs, quand, par-là, elles se trouvaient assez clairement caractérisées. Parmi les images certaines de la Muse tragique, celles chaussées du cothurne sont très-rares; cependant, la privation de ce principal attribut de la tragédie a, ici, donné lieu à une conjecture qui pourrait être plus ingénieuse que vraie, quoique fondée sur des remarques curieuses: on a pensé que le peintre avait eu l'intention, de donner à la Muse un caractère mixte, en faisant allusion aux tragi-comédies dont Hercule même était le Héros. Les anciens, en effet, lui donnaient deux caractères, l'un sérieux, comme dans les Trachinies de Sophocle, dans l'Hercule furieux, et dans l'Hercule Œteus d'Euripide; l'autre gai ou satyrique, comme dans l'Alceste de ce même poète. Dans les comi-tragédies inventées par Rhinton de Tarente, cité par Athénée (liv. III, pag. 3), les Dieux même paraissaient en bouffons: de ce genre est l'Amphytrion de Plaute, qui, peut-être, n'est qu'une traduction ou une imitation de Rhinton. Ce caractère d'Hercule bouffon, était du reste tellement décidé, que les auteurs comiques s'en emparaient très-souvent: ils en ont fait un personnage vorace et toujours affamé, fugitif et battu, comme dit Aristophane dans la Paix (v. 740 et suiv.). Le Scholiaste du poète remarque que Cratinus donnait le même caractère à Hercule dans ses comédies, et qu'Aristophane le reproduit ainsi dans les Oiseaux (v. 1603 et suivans), dans les Guêpes (v. 60), et ailleurs. Enfin, sans rappeler les exploits qui valurent au Héros ce renom, et le firent appeler Buphage, il suffira de citer, pour dernier trait, le proverbe vulgaire dont on se servait pour presser les convives quand on les menaçait d'un glouton, Hercule est notre hôte.
Hauteur, 1 P. 1 p°.—Largeur, 9 p°. 4 lig.