Ces quatre Génies et trois de la planche suivante, faisaient partie de la décoration d'une salle découverte à Civita en 1749, avec les figures que nous avons données dans le tome Ier, sous le n° XVII et suivans, jusqu'au n° XXVIII, et avec les danseurs de corde qu'on trouvera sous le n° XIII de ce volume. Toutes ces figures ont rapport à Bacchus, et désignent un lieu consacré aux plaisirs de la table; leur réunion favorise leur explication mutuelle. Plusieurs de ces Génies semblent représenter ceux qui servaient dans les festins; le premier, portant un vase dont il verse la liqueur dans une patère, fait l'office d'échanson (pocillator) particulièrement confié aux enfans. Le second porte sur l'épaule un grand vase cylindrique à une seule anse (peut-être le vase dit cotyla), et soutient de la main droite une grande patère qu'il appuie avec grâce sur sa cuisse. Le troisième porte sur ses épaules un chevreau peint avec beaucoup de vérité, animal consacré à Bacchus, et faisant peut-être allusion aux danses pétulantes de ses suivans. Le quatrième, enfin, tient un vase cylindrique en forme de petite tour, et dans lequel on pourrait reconnaître celui dit pyrgus, où l'on agitait les dés qui nommaient le roi du festin. La forme de ce dernier instrument n'est cependant pas très-bien déterminée, et l'on pourrait encore y voir, avec quelques Antiquaires, une lanterne, un verre presque de la forme ordinaire des modernes, ou, enfin, une petite cista ou corbeille mystique.
Diamètre, 1 P. 8 p°.
PLANCHE VII.
(XXXV, t. III de l'Edition royale.)
Ces Génies, comme les précédens, font allusion aux cérémonies ou aux plaisirs bacchiques. Le premier, portant le thyrse, le tympanum entouré de sonnettes, et une corbeille sacrée sur la tête, exécute une danse. Le second porte un vase deux anses, dont la forme semble annoncer le cypellon, vase dont on faisait usage à la fin du repas, et plus grand que celui dit simplement poculum. Le troisième Génie est prêt à verser le liquide de son petit vase (hydria) dans une coupe hémisphérique (ciborium) ou (hemitomum) et paraît faire le mélange de l'eau ou des parfums avec le vin, fonction confiée aux enfans. Le quatrième, portant sur la tête une conque et tenant un sceptre, emblêmes de la domination de Vénus, paraît faire allusion au coup de Vénus, célèbre dans le jeu de dés, qui désignait le roi ou la reine du festin. Ce coup heureux, dit jactus basilicus, consistait à amener les trois six ou à présenter trois points différens. On doit remarquer que ce dernier Génie n'ayant pas été trouvé avec les sept précédens, cette circonstance peut rendre raison d'une analogie moins frappante avec les premiers.
Diamètre, 10 p°. 8 lig.
PLANCHE VIII.
(XXXVII, t. III de l'Edition royale.)