Cette peinture curieuse et d'un bon coloris, représente un Bacchus contemplant en riant un Satyre renversé par terre, et auquel il verse sa liqueur enivrante. Le Satyre, pressé sous le pied du Dieu, faisant un vain effort pour se lever, et laissant échapper le vin de sa coupe, offre l'image de l'abrutissement causé par l'ivresse. Bacchus est couronné de fleurs et de pampres; son front est ceint du bandeau ou diadême dont il inventa l'usage; le jeu des rubans qui attachent la couronne, produit ici deux espèces de cornes qu'on a cru indiquées mystérieusement; Bacchus se représentait quelques fois avec des cornes, et, suivant Diodore (III, 64 et IV, 4.) cet attribut rappelait que, le premier, il avait employé les bœufs à labourer la terre. Le Dieu porte la nébride, une longue draperie qui le laisse entièrement nu, et les brodequins formés de la peau d'un animal, dont la tête est figurée au devant de la jambe. Son vase en forme de corne (rhyton) se termine en trois pointes destinées peut-être à servir de pied. Le fond du tableau représente un vaste jardin, planté d'arbres, d'où pendent des pampres en festons. Sur un piédestal rustique, on remarque le redoutable gardien des jardins, armé, comme le peint Horace, pour faire peur aux voleurs et aux oiseaux. (Vide L.I. sat. 8.)
La frise qui est au bas de la planche IX, représente trois figures grotesques de Pygmées, avec leurs habitations. L'un de ces êtres fabuleux poursuit une grue, insolente ennemie qui menace sa maison.
Hauteur, 1 P. 6 p°.—Largeur, 1 P. 2 p°. 8 lig.
PLANCHE IX.
(XXXIX, t. III de l'Edition royale.)
Une Victoire aîlée érige un trophée en présence d'un héros. Ce trophée rappelle ceux qu'on érigeait, dans les temps les plus reculés, avec les dépouilles des vaincus. Long-temps un respect religieux pour le malheur, défendit d'élever un monument plus durable. (Diod. XIII, 24). Les Thébains furent accusés devant la redoutable assemblée des Amphictyons, pour avoir consacré, par un trophée en bronze, leur victoire sur les Lacédémoniens. (Cicero, de Inv. II, 23). Domitius Ænobarbus et Fabius Maximus qui, les premiers, élevèrent Rome des tours pour y suspendre les dépouilles des ennemis vaincus, n'obtinrent point les éloges de leurs concitoyens (Florus III, 2). Cependant l'orgueil prévalut sur l'humanité; ces trophées en marbre représentant les anciens trophées tels que ceux dits de Marius au Capitole, ces arcs de triomphe, ces colonnes rostrales qui décoraient le forum, sont encore de nos jours les fastes de la puissance romaine. Ici la Victoire a dans sa main un marteau pour attacher les armes au tronc, comme on la voit sur les médailles d'Agathocles. Le simulacre du trophée est composé d'une armure complète. On y remarque le casque armé de deux cornes avec les deux parties qui couvraient les joues (bucculæ) et la mentonnière; les bras avec les deux mains ont été pris pour des brassards et des gantelets; mais il est évident, par leur dimension plus petite, que ce ne sont que des bras sculptés en bois, et attachés au tronc du trophée pour y passer des armes et la cuirasse, proprement dite thorax, garnie de la saie. La multiplicité des boucliers et des autres armes annonce une victoire signalée. Les cornes, qui font partie des casques, sont, dans les médailles, l'emblême de la force et de la valeur: ici on peut les considérer comme la représentation fidelle d'une armure usitée chez plusieurs nations; on les rencontre également dans les monumens étrusques. L'un des casques est surmonté d'un panache élevé (cristæ). Le héros est couronné de feuillages; il porte l'égide et la cuirasse, proprement dite lorica, avec la saie, la chlamyde, le baudrier (parazonium) et les brodequins de peau avec des mascarons. Il tient d'une main une longue lance et attache un étendard au trophée. Cette peinture fut trouvée dans les fouilles de Civita.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 1 P. 5 p°..—Largeur, 1 P. 5 p°.