(XL, t. III de l'Edition royale.)
On reconnaît facilement le sujet de ce tableau, l'introduction du fameux Cheval de bois dans les murs de Troyes. On voit déjà paraître une partie du colosse, la tête ornée d'une espèce de crète qui prend la place de la crinière. Il est monté sur un plateau auquel s'attachent les cordes que tire une foule religieuse. Les masques et le costume succinct de quelques personnages, semblent indiquer les réjouissances des Bacchanales ou celles des fêtes de Cybèle, très-souvent confondues, et célébrées à cette occasion extraordinaire par les Troyens égarés. Au pied des murs s'avance une procession de personnages vêtus d'habits longs, voilés et tenant des rameaux. Sur le troisième plan, on voit en marche une autre file portant des torches allumées en signe d'allégresse; trois personnages expriment la joie publique par leur danse; des bandes de pourpre sont suspendues en festons aux crénaux des murailles. La fatale machine s'avance lentement, renfermant dans son sein l'épouvante et la mort. Déjà paraît sur un lieu élevé la coupable Hélène, le sein découvert, et secouant une torche, signal connu des Grecs. (Triphiodore, v.5o8). Sur le devant un vieillard tristement assis, la tête appuyée sur sa main, semble être le malheureux Laocoon privé de ses fils, frappé d'aveuglement et prévoyant la ruine de sa patrie. Une femme à genoux au pied d'une statue de Minerve, est peut-être Hécube ou Cassandre suppliante; et ce personnage debout exprimant la compassion, le prêtre Pantheus, servant le temple de la Déesse, qu'on voit un peu plus loin derrière des cyprès. C'est là que doit arriver le perfide colosse (Voyez la Table Illiaque, Fabretti, col. tr. p.314 et 365). Au milieu du tableau s'élève une colonne portant une urne cinéraire, honneur rendu, peut-être, au grand Hector. Dans le lointain, on apperçoit les murs et les tours qui forment l'enceinte de la ville.
Cette peinture curieuse, trouvée dans les fouilles de Civita en 1761, est remarquable par la richesse de la composition et la beauté de l'ordonnance.
Hauteur, 1 P. 1 p°. 10 lig.—Largeur, 1 P. 9 p°..
PLANCHE XI.
(XLI, t. III de l'Edition royale.)
Douze morceaux de peinture antique faisant le sujet de diverses planches de l'édition royale, donnent, comme ceux que nous avons sous les yeux, l'idée de ces portiques d'un forum, où s'exerçaient également les arts libéraux et mécaniques: on peut y distinguer une école de jeunes filles, rappelant celle où le décemvir Appius devint épris de Virginie en la voyant lire sous un portique; un marchand de souliers, un écrivain public ou un dessinateur devant une statue équestre; un marchand d'effets à l'usage du sexe; une boutique de comestibles, une autre de potions chaudes, et autres sujets semblables. Ces sujets, d'une exécution médiocre, offrent peu de variété dans le style ou la composition, et nous en donnons une idée suffisante dans les deux que nous réunissons ici. Le premier portique représente une école; le personnage debout ayant une barbe, vêtu d'un simple manteau, est le philosophe ou le grammairien qui donne ses leçons; des jeunes gens assis ou debout sont appliqués la lecture; l'un des écoliers, dépouillé de ses habits, portés par deux jeunes gens, subit une correction à coups de verges (catomum); punition plus en usage chez les Grecs que chez les Romains. Le second portique peut représenter une boutique où l'on voit un marchand d'étoffes en présenter des femmes assises, tandis que d'autres femmes paraissent entrer aussi pour faire des emplettes.
Toutes ces peintures furent trouvées dans les fouilles de Civita.
CHAQUE SUJET.—Hauteur, 1 P. 5 p°. 3 lig.—Largeur, 2 P. 2 p°.