PLANCHE XXXV.

(P. 59, 60, t. V de l'Édition royale.)

La noblesse égyptienne portait les cheveux bouclés, comme on le voit ici, jusqu'à l'âge de puberté: mais par une fausse application du costume et d'autres remarques, on a attribué des têtes semblables à Ptolomée Apion, roi de Cyrène; cette dénomination s'est trouvée dénuée de fondement, et nous croyons qu'on rencontrera plus juste, en prenant pour terme de comparaison les médailles connues de la première Bérénice, dite la grande, qui, femme d'un obscur Macédonien, devint celle du premier Ptolomée, surnommé Soter. Ne laissant rien à la fortune des faveurs qu'elle put obtenir, elle fixa la couronne sur la tête de son fils Ptolomée Philadelphe, que le roi, par complaisance pour elle, au mépris des enfans qu'il avait eus de ses trois premières femmes, plaça lui-même sur son trône; ce grand prince en descendit après un règne glorieux de trente-neuf ans, disant qu'il était plus beau d'être père d'un roi, que roi lui-même. Les médailles de Bérénice acquièrent toute l'authenticité possible par l'effigie de Ptolomée Soter qu'on voit au revers (Musée du baron Ronchi); et en remarquant le rapport qu'elles ont avec notre bronze, nous ajouterons encore que la physionomie de cette figure a une expression douce et délicate, qui ne décèle rien de viril, et qui paraît appartenir à la célèbre reine, avec plus de vraisemblance qu' Ptolomée Appion.

Hauteur, 1 P. 8 p°. 6 lig.

PLANCHE XXXVI.

(P. 61, 62, t. V de l'Edition royale.)

Le rapport qu'on avait cherché entre cette belle tête et celle de Ptolomée Philadelphe, se trouve dénué de fondement. Les médailles de ce prince offrent un portrait tout différent: on se rangera donc avec plus de raison, du sentiment de ceux des académiciens d'Herculanum qui ont cru cette figure celle d'un athlète couronné, ou de l'opinion de M. Visconti, qui a démontré le rapport évident qu'elle offre avec les têtes d'Hercule jeune, et particulièrement avec un herméracle à deux faces, du musée Pio-Clémentin (tome 6, p. 22). Cette double tête est ceinte d'une couronne tortillée, d'où sortent, de distance en distance, des feuilles de peuplier, comme ici on en voit sortir, des feuilles de laurier avec de grosses baies. L'Hermès en question devient encore pour nous d'une grande autorité, en ce qu'il était placé dans un lieu où la jeunesse grecque, après les exercices de la palestre, se ceignait la tête de cette espèce de couronne qu'on doit reconnaître pour un ornement athlétique. Si quelque chose rend ici son espèce moins douteuse, ce sont les feuilles du laurier qui paraît être celui que Pline nomme laurier Delphique: «Plus vert, à grosses baies rouges, dont on couronnait à Delphes les vainqueurs, et à Rome les triomphateurs (XV, 30)». Ceci pourrait encore servir à confirmer la remarque que nous avons faite au sujet des pommes (mela) dont parle l'épigramme de l'Anthologie, rapportée dans cet ouvrage (tome III, 56). Ces pommes, ainsi dites par une dénomination générale, ne sont autre chose que les baies du laurier Delphique. Les couronnes athlétiques, différentes des couronnes agonales, auxquelles se rapportent celles garnies de rubans pendants (lemniscatœ), sont quelquefois dites roulées; alors on peut les regarder comme plus semblables à celle d'une autre tête d'Hercule (mus. Pio-Clem. à l'endroit cité) où l'on remarque, de distance en distance, des nœuds en forme de fleurs, tirés des bandelettes qui composent la couronne. Ce sont ces mêmes nœuds qui, selon l'explication qu'en donne Pascalio (de Coronis, l. III, c. 12) paraissent désignés par l'expression de tori, dont s'est servi Ciceron (Orat. §. 6.)

Hauteur, 1 P. 11 p°. 2 lignes.