PLANCHE XXXVII.

(P. 63, 64, t. V de l'Edition royale.)

On s'est attaché à saisir quelque ressemblance entre ce beau bronze et la tête qu'on voit avec le nom de Bérénice sur une médaille publiée dans l'édition royale. Plusieurs reines ont illustré ce nom; celle de la médaille serait la seconde Bérénice, femme de Ptolomée Evergète, princesse vertueuse et guerrière, celle qui, au retour du roi victorieux, se coupa les cheveux et les déposa, en accomplissement d'un vœu, dans le temple d'Arsinoé; peu de temps après la chevelure disparut, et l'astronome Conon publia que la chevelure de Bérénice avait été transportée au ciel, où elle formait une constellation de sept étoiles, situées en triangle près la queue du lion, flatterie ingénieuse qui attacha un souvenir immortel au sacrifice de la vanité d'une bonne épouse, et le rendit plus sûrement célèbre que des faits éclatans confiés à des monumens périssables. Si l'on reconnaît ici Bérénice, il faut supposer que la reine prit soin de l'ornement dont elle avait su faire un si beau sacrifice, et qu'elle a recouvré sa parure; les tresses relevées d'une manière élégante viennent former sur la tête une espèce de diadême. La figure a une espression virginale et sévère: et si l'on remarque avec nous qu'elle est d'une beauté idéale, on ne sera pas éloigné, peut-être, de voir dans ce bronze une image de Diane.

Hauteur, 2 pieds 4 lignes.

PLANCHE XXXVIII.

(P. 65, 66, t. V de l'Edition royale.)

Plusieurs bustes de cette suite ont paru appartenir à la race des Ptolomée; mais les caractères n'en sont pas toujours assez frappans pour réunir, dans leur dénomination, le sentiment des antiquaires. Les académiciens d'Herculanum se contentent d'indiquer un léger rapport des médailles avec ce bronze, en faveur du VIIe Ptolomée. Ce prince, distingué par des vertus éminentes, est connu sous le nom de Philométor (ami de sa mère), qu'il prit en reconnaissance des soins prudens et généreux avec lesquels Cléopâtre administra le royaume pendant sa minorité. M. Visconti reconnaît dans ce buste le portrait de Ptolomée Ier, fils de Lagus, l'un des généraux d'Alexandre-le-Grand, fondateur de la dynastie des Lagides, et du royaume grec d'Égypte, si nous pouvons nous servir de cette expression pour exprimer la révolution qui se fit dans les mœurs et dans le gouvernement de ce peuple, après la conquête des Grecs. Chacun des Ptolomée se trouve particulièrement désigné par un surnom; celui-ci eut le surnom glorieux de Soter ou de Sauveur, qui lui fut décerné avec des honneurs divins, par la reconnaissance des Rhodiens, dont il conserva la liberté contre les entreprises de Démétrius. Son premier nom, moins fastueux, n'en est pas moins célèbre; il l'honora lui-même en l'imprimant à sa race; peu sensible au reproche qu'un grammairien osa lui adresser sur l'obscurité ou le mystère de sa naissance, il sentit, sans-doute, que le nom du plus grand capitaine qui servit sous Alexandre, était assez illustre. Il donnait à ce nom un nouvel éclat par la splendeur de la puissance, par la gloire immortelle qui résulte de la protection des lettres et des arts, et par cette véritable grandeur qui naît de la modération: en effet, le fils de Lagus eut la plus belle part dans l'héritage du conquérant de l'Asie, fonda la bibliothèque d'Alexandrie, et, de son vivant, fit monter sur son trône l'un de ses fils, en disant qu'il était plus beau d'être père de roi, que roi soi-même.

Hauteur, 2 P. 7 p°.