FIG. I. Junon Reine, dont l'attribut distinctif est ici la couronne radiée. L'expression sérieuse de la figure, l'austérité du costume, conviennent encore au caractère de cette Déesse, mais sur-tout l'agencement de cet ample manteau qui vient lui former un voile sur la tête. On sait que cette coiffure était celle des matrones, et on la voit très-souvent donnée, sur les médailles, aux images de Junon. Les manches de la tunique sont fermées par un rang de fibules, ornement qui n'est pas rare dans les monumens antiques.

FIG. II. Jupiter imberbe. Cette figure n'est pas celle d'Apollon, comme les Académiciens d'Herculanum penchaient à le croire; elle n'en a aucun des attributs; la forme de la chevelure et le jet du manteau conviennent à Jupiter; la draperie d'Apollon, dans les figures demi-nues, est une chlamyde. L'attitude est celle que nous présente un grand nombre d'images de Jupiter; la foudre était dans la main droite, la patère dans la gauche: on voit presque toujours Jupiter avec une barbe majestueuse et touffue; mais on l'adorait aussi comme enfant, adolescent et jeune homme: on le trouve imberbe dans quelques monumens assez rares à-la-vérité. Cette privation de la barbe est surtout reconnue par le nom d'Axur, sous lequel Jupiter était révéré chez les Grecs et chez les Romains. Ici il se présente, selon l'opinion de M. Visconti, une raison de plus pour représenter ce Dieu sans barbe; c'est que l'intention de l'artiste peut avoir été d'offrir, sous l'emblême de la Divinité, quelqu'empereur romain. Nous en verrons un exemple authentique dans la planche XLIII de ce volume. On pourrait, peut-être, également retrouver une princesse romaine, dans la figure de Junon.

FIG. III. La tête de ce dieu Mars est évidemment un portrait romain, et vient à l'appui de notre première conjecture. Les Romains n'ont que rarement représenté ce Dieu à demi-nu, avec la chlamyde seule, la lance à la main et le casque en tête: leurs médailles lui donnent la cuirasse, et l'offrent tout armé, à-peu-près comme il est ici.

FIG. I.—Hauteur, 2 P. 1 p°.

FIG II. et III.—Hauteur, 2 P. 1 p°. 8 lig.

PLANCHE XXXVIII.

(P. 71, t. VI de l'Édition royale.)

Les Canephores dont nous avons déjà parlé dans le Ier volume de cet ouvrage, étaient, à proprement parler, de jeunes Athéniennes qui, dans les fêtes de Minerve, portaient dans des corbeilles des objets sacrés et peu connus: on a donné ensuite ce nom à celles qui, dans les fêtes de Bacchus et de Cérés, portaient aussi les cistes mystiques et les corbeilles où étaient renfermées les offrandes et les choses destinées aux sacrifices. Le développement que donnait aux grâces naturelles du corps l'attitude et le mouvement de ces femmes religieuses, choisies parmi les plus nobles et les plus belles d'une cité, offrait des modèles aux artistes qui se plaisaient à les répéter. Les objets que doivent porter ces figures manquent souvent dans les monumens, soit par les ravages du temps, soit par une négligence des artistes. Le nom de Canephores ou de Cistophores, porteuses de corbeilles ou de cistes mystiques, semble être devenu un nom de convention, leurs fonctions pouvant être de porter tout autre objet, comme un vase, une aiguière, et leur dénomination variant alors chez les anciens Grecs, suivant les attributs. Ainsi Pline a nommé la Canephore une statue de Scopas; et Cicéron décrit, sous le même nom, deux statues de bronze, ouvrage de Polyclète, volées par Verrès. Celle que nous avons sous les yeux porte les cheveux longs, arrangés avec soin, resserrés sur les épaules avec un ruban, et frisés par le bout en longs anneaux; cette particularité la distingue des ménades et des pleureuses dans les fêtes d'Adonis, qui portaient leurs cheveux longs et épars, les unes en signe de fureur, les autres en signe de deuil; son vêtement qui lui laisse les bras nus, est composé d'une tunique longue et d'un peplum.

Trouvée, ainsi que les suivantes, dans les fouilles de Portici.