Nous donnons deux dessins de cette statue pour faire voir l'ajustement du petit peplum, espèce de manteau particulièrement à l'usage des femmes, qui descendait jusqu'à la ceinture, et s'attachait sur les épaules avec des agraffes. Cet habillement laissait les bras découverts, et quand la tunique était sans manches, comme dans ce bronze, on disait de ce costume, aller à la dorique. Cet usage était celui des filles de Sparte, qu'une humeur austère semblait plutôt défendre, que ne faisaient les voiles de la pudeur. Un étranger s'écriait en voyant passer une Spartiate: Ah! quel beau bras!—Mais il n'est pas public, répondit-elle. Quand les tuniques avaient des manches, on appelait le vêtement à l'ïonienne; c'était la mode suivie à Athènes. Ce bronze nous paraît représenter une Canephore, ou une femme qui s'apprête pour une cérémonie religieuse. Ses cheveux flottent en longs anneaux sur son cou, et sa tête est ceinte d'un riche diadême.
Hauteur, 5 P. 5 p°.
PLANCHE XLI.
(P. 76, t. VI de l'Édition royale.)
Le costume de cette figure semble la ranger dans la même classe que les précédentes; il est cependant plus riche. Le diadème qui ceint sa chevelure ondoyante est parsemé de pierreries, représentées dans le bronze par des ornemens relevés en argent; c'est la couronne que Virgile donne aux princesses royales (Æn. I, 659.) Les bouts du diadème sont réunis et cachés par un nœud formé avec les cheveux; la tresse employée à cet usage laisse à découvert le milieu du cou, sur lequel flotte avec élégance le reste des cheveux divisés en boucles. La tunique longue est ornée par le bas d'un bord couronné de rayons; les mêmes rayons se trouvent répétés au bas du manteau, dessus et au revers. Cette femme, qui est une prêtresse ou un personnage de grande distinction, paraît occupée d'une cérémonie sacrée, à laquelle on doit attribuer la pose remarquable dans laquelle elle étend les deux bouts de son manteau. Le bout qui enveloppe la main gauche, dont on distingue les doigts, indique que l'étoffe est transparente.
Hauteur, 5 P. 2 p°.
PLANCHE XLII.
(P. 76, t. VI de l'Édition royale.)