PLANCHE III.
(P. 6, t. VI de l'Edition royale.)
La finesse du travail, la grâce et la vérité de la pose, nous ont engagé a présenter cette petite statue de Pallas sous un double aspect. La main gauche élevée devait tenir la pique. On avait cherché, dans l'isolement de l'index, une intention, une expression religieuse qu'on a remarquée, avec plus de justesse, dans quelques autres statues antiques. Si ce mouvement était ici l'effet d'un geste déterminé, il ne serait pas donné à la main gauche. La naissance de Minerve est le plus bel emblême que la Mythologie nous offre de la sagesse ou de la Providence divine; c'est par excellence «la seule fille d'un seul père». (Arist. Hym. in Min.). »L'auteur, le souverain de l'univers, n'avait point d'égale en dignité avec qui il pût la créer; il se recueillit en lui-même et de soi-même, l'engendra et l'enfanta». La Déesse porte sur une patère la chouette, l'un de ses attributs distinctifs. La patère, dans la main d'une Divinité, annonce qu'elle est favorable, et l'oiseau symbolique semble désigner particulièrement que ses faveurs se répandent sur son peuple d'Athènes. Phidias, pour flatter le peuple, n'avait point dédaigné d'exposer la chouette à la vénération publique avec là statue de Minerve.
Hauteur, 5 p°. 5 lig.
PLANCHE IV.
(P. 7, 8, t. VI de l'Edition royale.)
FIG. I. Minerve tenant une chouette dans la main. C'est ainsi qu'on représentait la Déesse sous le nom d'Archegetis (conductrice ou plutôt auteur de l'origine). La chouette, emblême de la vigilance et de la prudence, d'attribut de la divinité protectrice d'Athènes, était devenue en quelque sorte le symbole du peuple même. La figure de cet oiseau était frappée sur les monnaies; elle servait de marque et de sceau public, et, dans la main de Minerve, signifiait la ville protégée par elle.
FIG. II. Pallas tenant sa lance d'une manière offensive. On peut la considérer ici comme vengeresse.
FIG. III. Autre Pallas d'un très-bon travail. Il manque la main droite, et probablement la lance.