FIG. IV. Autre Minerve, curieuse par le cimier aîlé qu'elle porte sur la tête. On trouve sur quelques gemmes des figures de Minerve avec des aîles au cimier, emblême de la vélocité et d'une irrésistible impétuosité. L'égide de côté se rapporte au même sens; la Déesse la porte toujours ainsi lorsqu'elle est aîlée. Le casque de Minerve est aîlé sur presque toutes les médailles d'argent de la République Romaine. Les Etrusques donnaient aussi des aîles leurs Minerves, quelques fois sur le cimier, quelques fois aux épaules; ici le cimier a la forme du bonnet phrygien. On le voit de même dans un vase étrusque publié par Demster (tome I, pl. 30 et 32).
Hauteur de chaque Figure, 3 p°. 4 lig.
PLANCHE V.
(P. 9, 10, t. VI de l'Edition royale.)
FIG. I. On peut, avec beaucoup de vraisemblance, reconnaître un Neptune dans cette petite statue d'un très-bon travail, et dont la base est enrichie d'ornemens en argent. C'est dans cet aspect féroce, dans ces cheveux hérissés, dans cette barbe touffue, dans cette large poitrine, dans cette complexion ferme et robuste, qu'il faut chercher les traits qui caractérisent le Dieu souverain des mers. Les poètes appelaient les hommes farouches et cruels, les fils de Neptune, comme ils disaient fils de Jupiter, les hommes magnanimes et généreux; la mer était l'image de la violence et de la fureur. Neptune, au-lieu du trident, son attribut distinctif, porte ici une longue lance pointue, dans laquelle on peut reconnaître cet instrument nautique désigné sous le nom de contus, qui servait à sonder les rivages et à dégager les vaisseaux. Pausanias (VI, 25) en parlant d'une statue de Neptune jeune, en Elide, dit que le Dieu était appuyé de ses deux mains sur une lance; on voyait encore à Athènes, au rapport du même auteur (I, 2) la statue de Neptune combattant à cheval une lance à la main. On a déduit de ce témoignage et de quelques passages pris dans les poètes, que l'antiquité honorait Neptune équestre, en reconnaissance de l'art de dompter les chevaux, art inventé par ce Dieu. Mais, sans avoir recours à des applications forcées, il nous suffira de faire remarquer ici que la figure parle d'elle-même, et que d'ailleurs on trouve dans le bronze l'indication d'une pièce transversale qui formait probablement le trident endommagé par le temps.
FIG. II. Victoire portant un trophée, monument étrusque, comme le démontrent le style et les ornemens de la figure. Les Toscans décoraient leur Victoire de colliers, différant en cela des Grecs et des Romains qui leur donnaient la palme pour attribut. Les bracelets à gemmes, les colliers et les couronnes radiées étaient la parure des divinités étrusques; celle-ci porte en écharpe une tresse où paraissent des feuilles et des croissans: nous avons déjà remarqué ces croissans comme servant d'ornemens aux harnais des chevaux (Peint, tom. II, pl. 44). La chaussure fermée est encore du costume. La Victoire est ici sans aîles, comme on la représentait à Athènes et dans l'Élide.
FIG. I.—Hauteur, 8 p°.
FIG. II.—Hauteur, 7 p°. 9 lig.