PLANCHE VI.
(P. 11, 12, t. VI de l'Édition royale.)
Ce bronze d'une grande beauté, que nous donnons sous deux aspects différens, représente une Diane chasseresse avec ses attributs les plus distincts. Ses cheveux soigneusement relevés, sont retenus par de longues tresses qui se terminent sur le sommet de la tête en forme de croissant. Son vêtement est l'habit succinct; relevé dans la ceinture, il la recouvre, et, retombant à double étage, il s'arrête au-dessus du genou: on croit reconnaître, dans le bronze, ces rayures qui font appeler par Callimaque la robe de Diane, robe rayée; la peau d'une bête fauve lui ceint la taille et prête aussi un ornement à ses brodequins; cette chaussure est étroitement lacée et garnie de boutons, c'est l'endromide des chasseurs. La Déesse est dans l'attitude de décocher une flèche.
Cette figure de Diane est suivie, dans l'édition royale, de quatre autres petites qui offrent peu d'intérêt, et que nous nous dispensons de rapporter ici.
Hauteur, I P. 5 lig.
PLANCHE VII.
(P. 14, t. VI de l'Édition royale.)
On peut dire ce petit bronze d'un fini précieux et d'une délicatesse exquise; il représente une Vénus appuyée du bras gauche sur un tronc autour duquel s'enlace un Dauphin, tandis que de la main droite la Déesse s'apprête à ôter ou à remettre sa sandale. Elle porte au bras un large bracelet, et au bas des jambes l'ornement dit periscélis. La grâce et la beauté de cette figure rappelle les plus beaux modèles; l'action annonce Vénus au bain; c'est le motif que saisit Praxitèle pour excuser l'innovation hardie de représenter sans voile la plus belle des Divinités: un exemple si favorable pour faire briller les ressources de l'art, fut suivi par tous les grands maîtres et par leurs imitateurs. Le Dauphin placé près de Vénus rappelle le mythe de sa naissance. Cette allégorie n'est nulle part mieux exprimée que dans la belle statue dite la Vénus de Médicis, où l'on voit sur le Dauphin les deux Amours présens sa naissance, Himeros et Eros. Le Dauphin désigne donc par-tout Vénus aphrodite ou marine. On peut encore étendre plus loin l'emblème de ce poisson, de tous le plus sensible à la volupté; comme le ramier, il connaît les douceurs de l'union conjugale (Pline. IX, 8.); il quitte les grottes profondes pour venir à la surface des eaux entendre une voix mélodieuse, et suivre les humains; c'est enfin dans l'empire de Neptune, le messager des affaires amoureuses, et sa figure brille parmi les constellations célestes, par la reconnaissance d'Amphitrite (Igin. Astr. poet. II. 17.)
Hauteur, 5 p°.