Se payer la loge entière, et dire à sa femme qu’on n’a payé que quatre places… Mais l’autorité féminine exerce un contrôle si minutieux sur les fonds de la communauté !… Et puis, on n’a pas le droit, quand on aura peut-être un jour des enfants, de dépenser soixante-douze francs pour quatre places.

Les marchands de billets… Notre payant timoré a peur des marchands de billets…

Le payant que j’ai connu était un homme bien malheureux.


Mais j’ai connu aussi des « faveurs » très tourmentés.

Le sieur T… et sa femme, pourvus d’une belle fortune, adorent le théâtre. Ils voudraient courir sans tarder aux pièces nouvelles, et s’en repaître avidement… Malheureusement pour eux, ils connaissent des journalistes. Et comme ces journalistes leur ont donné plusieurs fois des billets, le sieur T… et sa femme n’osent plus acheter de places de théâtre.

Ils ne sont pas avares et ils estiment que vingt ou trente francs pour une bonne soirée, ce n’est pas trop cher. Mais comment dépenser vingt ou trente francs pour un plaisir qu’on peut avoir à l’œil ?

Alors, ils vont au théâtre à la cinquantième ou à la cent cinquantième, selon le succès ; la salle est à moitié vide, et, souvent, deux ou trois des protagonistes ont lâché leur rôle…


En outre, le « faveur » souffre de la crainte d’être mal placé.