… Or, le jour de la générale, l’effet du mot est retentissant.
L’auteur, des coulisses, rit avec la salle. Mais il rit nerveusement, les yeux tristes. L’acte marche très bien. La dernière scène porte gentiment. Après le baisser du rideau, on envahit le plateau. L’auteur, débordé, ne peut rester en place. Une foule d’amis enthousiastes se le repasse de main en main. Enfin, un ami plus autoritaire le prend pour lui tout seul, et lui dit d’un ton sévère que c’est de tout premier ordre et ce qu’il a écrit de mieux.
Mais il ajoute :
— Il y a un mot qui a fait ma joie…
Et il cite le mot, le mot lui-même !
Gédéon proteste faiblement :
— Oui, le mot est drôle. Ce qu’il y a de curieux, c’est qu’il n’est pas entièrement de moi…
L’autre réfléchit…
— Je ne le connaissais pas…
— Tu ne peux pas le connaître. Il n’a jamais été fait. Ce que je veux dire par là, c’est qu’on l’a trouvé aux répétitions…