Cependant, nous étions arrivés devant le petit café lointain. Pourtant, Gédéon ne descendit pas du taxi. Le moteur s’arrêta au bout d’un instant. Mon ami continua son discours…
— Ils seront d’autant plus mauvais au deuxième acte, qu’ils se sont emballés davantage au premier… Je tomberai de plus haut, voilà tout…
— Est-ce que nous allons au café ? dis-je timidement.
Mais il me répondit, un peu gêné :
— J’aimerais mieux retourner au théâtre, sur le lieu de mon crime et de ma honte !
… L’auto reprit donc le chemin du théâtre. Mais, cette fois, mon ami ne disait plus rien… Nous arrivâmes devant le monument magnifiquement éclairé…
— Trop de lumières ! me dit l’auteur, trop de lumières !…
« … Après tout, dit-il encore, en montant l’escalier des artistes… Le Hasard a quelquefois des raisons que la raison ne connaît pas. »
On commençait le troisième acte… Le directeur, debout derrière un portant, nous vit venir et adressa à l’auteur un bon petit sourire hostile…
Et Gédéon comprit que, cette fois, hélas ! les raisons de la raison avaient eu raison…