Il se mit à fredonner deux ou trois petits refrains cousus bout à bout, et qu’il était assez difficile de reconnaître.

— Ce qu’il peut faire chaud dans leur loge ! Moi, tu comprends, j’y suis resté qu’un acte.

Je ne lui avais, décidément, jamais parlé de ma vie. Mais son tutoiement me faisait plaisir. C’était un ami, un vrai ami de plus.

— … Au second acte, je me suis collé tout au fond de l’orchestre, sur un bon petit strapontin… J’ai bien vu la pièce… C’est costaud… Qu’est-ce que tu dis du coup du téléphone, quand toute la famille est à l’appareil ?… Garçon, un kummel ! Apporte-moi ça rapidement !…

… Il tutoyait aussi le garçon.

— Par exemple, à partir du troisième acte, je ne comprends plus du tout…

Il ne s’arrêtait plus de remuer la tête, et ne se lassait pas de répéter : « Plus du tout !… Plus du tout !… »

— Qu’est-ce que c’est, mon vieux, cette histoire de bal masqué ?

— Cette histoire de bal masqué ?

— Mais oui… mais oui !… répéta-t-il avec un gémissement douloureux… Cette histoire de bal masqué, avec tous les seigneurs… On ne comprend plus rien… Louis Quatorze, qu’ils disent, et la marquise…