Cette corde était plutôt neuve, et la faux ne coupait pas admirablement (on la sortait un peu de sa spécialité). Il fallut un bon quart d’heure pour déficeler M. Planchet. Une fois le travail fini, Catherine ne songea pas à se reposer, bien qu’elle eût trimé dur…
— Sous le foin, près du coffre, il y a une clef de rechange… Vous l’avez trouvée ? Montrez ? Oui, c’est ça. Ouvrez la porte maintenant.
Catherine avait déjà fait le tour du bâtiment quand Planchet ouvrit la porte. Il vit la jeune fille sur le seuil, inondée de lumière, allégorie de la Liberté.
— Maintenant il faut partir.
Mais depuis que M. Planchet était redevenu un homme libre, toutes sortes de raisonnements civilisés s’étaient réinstallés dans sa tête mondaine.
— Il faut que je parte ? Très bien. Et que va-t-on vous dire à vous qui m’avez laissé échapper ?
— Ils me diront ben c’qui voudront.
Ce n’était pas une réponse. En tout cas, elle n’était pas suffisante pour le généreux M. Planchet, dont la bonne nature ne pouvait être qu’attendrie par l’acte de dévouement qu’il avait vu s’accomplir en son honneur.
— Si c’est comme ça, dit-il, je ne m’en vais pas…
Elle le regarda, un peu surprise.