Le samedi d’avant la générale, une scène avait un peu accroché. Elle n’était pas au point. C’était la scène où figurait Chabarre. Pourtant le mal ne venait pas de lui. Il disait ses trois répliques d’une façon aussi indistincte qu’au début, mais on avait renoncé à toute tentative d’amélioration.
Le lendemain, dimanche, c’était la dernière matinée de la pièce en cours. On ne pouvait donc pas répéter, le théâtre et les artistes étant pris. Or, la répétition des couturières était le lundi, et l’on allait jouer devant douze cents personnes. Il fallait absolument travailler, avant cette épreuve publique, la scène qui flanchait.
— Je ne vois qu’un moyen, dit l’auteur… Voulez-vous, demain dimanche, de dix heures à midi, venir répéter à la maison ?
Les deux protagonistes et un autre comédien acceptèrent. Mais Chabarre s’approcha de l’auteur.
— Demain, je regrette… mais je ne pourrai pas…
— Vous ne pourrez pas, Chabarre ?
— Non… parce que, le dimanche, j’ai mes élèves…
— Vos élèves ?
— Oui, je fais un cours de diction chez moi, tous les dimanches matins…