Depuis cette dernière réponse, le magazine en question me considère comme un élève indiscipliné et me dispense de toute composition. Dans un sens, c’est plutôt agréable pour un étudiant qui n’est plus de la première jeunesse, et qui demande à travailler, pendant quelques années encore, sur des sujets de son choix.
Vaut-il mieux connaître personnellement les critiques ?
Oui, certainement.
Un critique que vous connaissez pourra, c’est entendu, vous faire un mauvais article. Mais il l’aurait peut-être fait tel s’il ne vous eût pas connu.
Quand on vous présente à un critique, faut-il être discret et réservé dans les compliments qu’on lui fait ? Mais non, jeune homme ! Allez-y carrément, et pas avec le dos de la cuiller.
Émile Berr a fait cette juste remarque que les gens qui s’offensent de recevoir un pourboire sont beaucoup moins nombreux que nous nous plaisons à l’imaginer.
Les louanges les plus outrées, la plupart des critiques les acceptent à guichet ouvert.
On vous racontera l’histoire du critique légendaire qui, par amour du paradoxe, écrit un article enthousiaste sur un auteur qu’il ne connaît pas. Mais qui vous dit que ce sera sur vous que tombera cette aubaine hasardeuse ?
Seconde étape. Les articles ont paru. Faut-il remercier les critiques ? Mais oui, jeune homme, mais oui. Je connais un auteur dont c’était aussi l’avis, mais qui n’arrivait pas à écrire toutes ses actions de grâces, parce qu’il voulait envoyer à chacun un remerciement spécial, approprié, sur mesure !… Quels soins superflus ! De la louange de confection, en choisissant la plus grande taille. Quelque chose de ce goût : « Aucun éloge ne pouvait autant m’émouvoir et m’enorgueillir. »