Nous n’étions que trois dans notre compartiment. Le train, à toute allure, descendait la pente de Chantilly. M. Galoin avait remplacé son chapeau melon par une casquette et s’était installé pour lire son journal dans un coin du compartiment. Blanche et moi, chacun de notre côté, nous l’examinions avec curiosité.
Blanche lui demanda à brûle-pourpoint:
—Vous êtes marié, monsieur?
Il quitta le journal, sourit un peu de l’indiscrétion de mon amie, puis il dit:
—Non, madame.
Blanche sentit très bien la signification de ce sourire et rougit, mais elle ne voulut pas avoir l’air de s’en apercevoir.
—C’est bien plus commode d’être libre, dit-elle, pour voyager ainsi...
Et la conversation tomba.
M. Galoin reprit sa lecture, mais il lisait distraitement, car il posa tout à coup le journal et me fit quelques questions sur l’affaire qui nous occupait.
Il parut beaucoup s’intéresser à ce fait que le cadavre n’avait pas été retrouvé. Il me posa de nombreuses questions sur l’uniforme de Larcier qu’on avait découvert dans le jardin. Puis il reprit sa lecture.