Blanche ouvrait de grands yeux en traversant Londres dans l’auto où nous étions montés. J’étais tout heureux de la voir près de moi, étonnée et émerveillée, et très content aussi de rester seul avec elle. Il me semblait que nous retrouvions notre intimité, un instant troublée par la présence de M. Galoin.

Nous allâmes déposer notre petit bagage à l’hôtel, puis nous nous promenâmes dans Coventry street et dans Piccadilly en attendant l’heure du dîner.

Le soir, je retrouvai M. Galoin. Il paraissait de bonne humeur, mais un peu agité. Il m’expliqua qu’il en était ainsi chaque fois qu’il suivait une piste.

Comme Blanche était très fatiguée de son voyage, elle monta se coucher presque tout de suite après le dîner, et nous restâmes, M. Galoin et moi, à nous promener devant l’hôtel. Puis nous gagnâmes Leicester square dont nous fîmes trois ou quatre fois le tour. M. Galoin me parlait de Londres, qu’il aimait beaucoup.

—Malheureusement, je n’ai jamais pu y venir en promenade. J’avais toujours une occupation qui m’absorbait, et cela m’amuserait de flâner dans Londres.

Je n’osais pas l’interroger sur ses démarches, mais il y vint de lui-même.

—Vous savez que, depuis notre arrivée à Londres, dit-il, jusqu’à l’heure du dîner, soit en trois heures, j’ai vu des quantités de personnes.

Puis il me dit sans transition:

—Je ne me rappelle plus s’il y avait une sonnette à la porte du petit jardin de la maison de Toul. Je vois bien la charnière et les gonds qui étaient à gauche, mais je ne vois pas s’il y avait au haut de la porte une petite tige de fer pour sonner en ouvrant.

Je le regardai avec un peu de stupéfaction: