Nous marchâmes quelques instants en silence, et je me demandai pendant ce temps si je devais éclairer mon compagnon sur ce point.
Je lui racontai donc ce qu’il en était, comment Blanche et moi nous avions été rapprochés par notre désir commun de retrouver Larcier, et quels liens d’affection très tendre unissaient Blanche à mon pauvre ami.
M. Galoin m’écouta en silence, puis il me dit:
—Cette dame, votre amie, aimait beaucoup ce garçon?
—Je crois, lui répondis-je.
—Ah! reprit-il simplement, d’un air songeur.
Puis il ajouta:
—Il faut pourtant qu’elle s’habitue un peu à cette idée qu’elle ne pourra sans doute plus reprendre avec Larcier les rapports d’amitié qu’ils avaient jadis ensemble.
—Je ne sais pas si, malgré le crime de Larcier, Blanche n’aura pas pour lui un grand élan d’indulgence...
—Oui, répondit M. Galoin, toujours mystérieux. Mais enfin, dans l’hypothèse où elle serait contrainte de ne plus revoir Larcier, il vaudrait mieux dès à présent peut-être, l’habituer à cette idée et l’assurer qu’elle trouvera des consolations autre part. Il faut être plein de gentillesse pour elle, et l’on peut, sans en avoir l’air, l’accoutumer à cette idée de séparation...