Au même instant, on ouvrit la porte du restaurant où nous nous étions attardés, et l’on apporta un mot à M. Galoin. Il y jeta les yeux, puis nous dit:

—Il y a du bon. L’homme est sous clé. On m’appelle là-bas pour le reconnaître.

Puis M. Galoin nous quitta.

Nous étions seuls dans la salle du restaurant. Je m’approchai de Blanche, puis je lui baisai la main. Nous n’avions rien dit. Nous avions découvert l’innocence de Larcier, mais nous apprenions en même temps sa mort! Il y a bien des cas dans la vie où le malheur des uns... Mais c’est gênant quand on s’en aperçoit...

Je conduisis Blanche jusqu’à la porte de sa chambre. Je lui baisai une seconde fois la main, et nous nous séparâmes sans rien dire.

Les journaux de Londres, dans leur édition du matin, ont publié tous les détails relatifs à l’arrestation de Bonnel. Ces détails ont été reproduits le soir dans tous les journaux de Paris. Ils sont arrivés jusqu’à notre ville de garnison, et la réhabilitation de Larcier a dû faire son coup de foudre parmi les sous-officiers du régiment. M. Galoin, qui avait affaire à Londres pour suivre le procès de Bonnel devant les juges anglais, nous a donné congé, et nous sommes revenus en France, mais non sans nous être arrêtés chez un prêtre de ce pays-là, qui, d’une façon toute expéditive, a uni Henri Ferrat à Blanche Chéron. Il nous restait à faire régulariser notre union en France. L’important était de continuer notre voyage de noces à Paris.

XVII

J’ai quitté le régiment. Depuis longtemps un de mes oncles m’avait gardé une place d’inspecteur d’assurances qui m’oblige à faire de fréquentes tournées en province. Ma femme est un compagnon de voyage trop agréable pour que je n’aie pas adopté d’emblée cette combinaison.

FIN
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E. GREVIN—IMPRIMERIE DE LAGNY—9-24
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