Ils étaient arrivés au bout d'une allée. Ils tournèrent sur la droite, derrière un massif, de façon à n'être plus en vue des gens de la terrasse.

—Je serai à vous, dit-elle à Julien, mais pas ici... Vous m'emmènerez...


Il la prit dans ses bras, et l'étreignit avec transport, en lui baisant un coin de la tempe, que ses lèvres avaient rencontré... Ce transport était sincère, mais tout de même il le sentait un peu forcé... Non pas qu'il ne l'aimât pas immensément, non pas qu'il ne fût pas prêt à l'emmener et à vivre avec elle. Mais l'inconnu l'effrayait toujours. Dans son étreinte, il n'y avait pas seulement de l'amour, mais de la résolution et du courage.

Puis il pensa qu'il fallait tout de même prendre une date...

—Partons tout de suite! s'écria-t-il, pour prouver son empressement.

Ce fut au tour d'Antoinette d'être un peu effrayée.

—Non, écoutez! dit-elle... Ne me pressez pas... Puisque nous partirons sûrement!

—Que ce soit le plus tôt possible, dit-il avec une sombre énergie. J'ai tellement peur de tous ces gens...

—Ce sera bientôt, dit Antoinette. Et elle lui tendit ses lèvres.