—Pas précisément.
—Il ne sait pas bouder. Il vous parle moins, n'est-ce pas? Il a l'air de vous fuir?
—C'est bien cela.
—Je connais Lorgis. Il fait son possible pour être froid avec vous. Il suit les recommandations d'Anne. Vous savez qu'elle le mène comme un petit garçon?
—Mais qu'est-ce que c'est que cette femme-là? dit-il avec irritation.
—Une femme très gentille, croyez-moi. Je n'ai pas d'amie plus dévouée, plus sûre. Elle a peur pour moi: elle se dit que je vais bouleverser ma vie... Et c'est vrai... Ne vous fâchez pas, mon ami!...
... Voilà qu'il se fâche! continua Antoinette, la voix pleine d'angoisse. Est-ce que j'hésite? Je n'ai pas dit que je ne savais pas si je bouleverserais ma vie. Je dis que je suis résolue à la bouleverser.
—Mais pourquoi employez-vous ce mot? Vous parlez de cela comme d'un malheur...
—Ce n'est pas un malheur, mais c'est un bouleversement.
... Vous ne pensez pas, ajouta-t-elle avec gravité, que je vais continuer à vivre comme je vis, et à mentir et à trahir...