Julien sortit et rentra à différentes reprises. Enfin, Antoinette le rejoignit.
Ils ne voulaient pas rester sur la terrasse... Ils étaient trop près des joueurs pour les choses qu'ils avaient à se dire. Ils descendirent donc dans le jardin, et s'enfoncèrent dans une allée sombre.
—Nous partirons demain! lui dit-il, d'une voix troublée.
—Oh! mon ami! dit Antoinette en pleurant et en cachant son visage dans le cou de Julien.
Que voulait dire cette crise de larmes? Était-ce l'émotion d'une décision si grande? Ou bien avait-elle changé d'avis, et maintenant s'effrayait-elle à l'idée de s'en aller?
Julien n'osait le lui demander. Il répéta à tout hasard d'un ton ferme:
—Nous partirons demain!
Puis il s'éloigna d'elle, comme un homme qui ne veut pas endurer de contradiction.
C'eût été pourtant si facile de profiter de l'absence du marquis!... Il l'eût rejointe dans sa chambre... Mais ce n'était pas à Antoinette que l'on pouvait proposer ces arrangements et ces accommodements. La femme qu'elle était ne pouvait pas se résigner à l'adultère sournois, mensonger; il lui fallait le péché noble et libre, la faute éclatante!
Cependant, il était urgent de combiner les détails de la fuite... Où irait-on? Comme le monde était vaste! Comme il offrait au ravisseur un choix fatigant!