Allait-il révéler tout cela à Laurence ? Il hésita une seconde et décida très vite qu’il n’en dirait rien.
Peut-être, s’il avait été plus près d’elle au moment de cette révélation, peut-être n’aurait-il pu s’empêcher de parler…
Mais il fallait auparavant traverser le hall ; ce qui lui permit de réfléchir.
Non, il ne dirait rien à Laurence. Depuis la soirée d’Ouchy, il faisait cause commune avec Béatrice.
La voiture, renvoyée par Mme Olmey, les attendait devant le perron pour les ramener à l’hôtel.
Georges prévint Laurence qu’il était l’heure de rejoindre Béatrice pour continuer la route.
— Il faut que vous alliez à l’hôtel. Vous avez encore à faire quelques préparatifs de départ. Moi je suis tout prêt et puis je voudrais faire trois pas à pied. Prenez la voiture, je vous rejoindrai là-bas.
Il voulait surtout être seul pour se procurer les journaux ; sans doute trouverait-il chez un marchand des journaux vieux de trois jours. En venant à ce palace, il se rappelait vaguement avoir aperçu sur son chemin une librairie-papeterie, qui étalait devant sa porte des illustrés français.
La marchande à qui il s’adressa n’était pas comme beaucoup de marchandes de chez nous qui ont horreur de se livrer à la moindre recherche. Celle-ci ouvrit une armoire basse où se trouvaient des invendus, que le dépôt principal n’était pas encore venu chercher. Georges dénicha deux journaux de Paris qui portaient la date intéressante et un autre du jour suivant.
Les deux journaux d’information qui annonçaient le crime publiaient des relations conçues à peu près dans les mêmes termes, sous un titre identique : « Assassinat d’un banquier parisien. »