Il poursuivit sa lecture…
« On a trouvé un tiroir du meuble assez grossièrement et maladroitement fracturé, à l’aide sans doute non d’un instrument spécial de cambrioleur, mais d’un outil de fortune, une espèce de grattoir. On a retrouvé, en effet, cet objet sur le tapis. Le tranchant en était fortement ébréché.
« Prévenu à une heure du matin, le médecin légiste a constaté, en examinant attentivement la blessure, que le crime avait été commis avec un revolver d’un modèle assez ancien et d’un diamètre approximatif de huit millimètres. »
Tout l’article était en dernière heure.
Le journal du lendemain consacrait encore une cinquantaine de lignes à cette affaire passionnante, mais on sentait bien qu’il n’avait aucun détail intéressant à offrir au lecteur.
On ajoutait naturellement que la police était sur la piste de l’assassin et on laissait croire que c’était par une espèce de consigne qu’on ne publiait aucun détail, de crainte d’entraver l’action de la justice.
Pour lire ces journaux, Georges avait quitté le quai trop en vue et s’était engagé dans une rue perpendiculaire. Une fois sa lecture terminée, il découpa, ou plutôt déchira tant bien que mal les articles, puis jeta à terre le reste du papier, après l’avoir séparé en beaucoup de petits morceaux.
Depuis un instant, il lui semblait qu’on le poursuivait lui-même et qu’il était dangereux de laisser traîner des exemplaires de journaux, où il aurait précisément découpé tout ce qui était relatif à l’assassinat du banquier.
La piste mystérieuse dont parlait le journal était sans doute une invention.
Mais peut-être s’agissait-il de la piste de Béatrice qui, le soir même du crime, avait quitté son logis d’une façon plus que suspecte ?