« M. Lucien Olmey, devant son bureau, était affaissé sur son fauteuil, la tête inclinée sur l’épaule. Ses vêtements et le tapis étaient inondés de sang. La tempe droite du banquier était percée d’une balle.

« Il était à ce moment un peu plus de minuit. Le valet de chambre téléphona au commissariat et quelques instants après le secrétaire du commissaire, accompagné d’un inspecteur, arrivait sur les lieux du crime.

« Le concierge de la banque n’avait vu passer personne, mais le fait en lui-même n’a rien de surprenant, étant donné que la maison Olmey possède une autre issue sur une rue latérale, une porte qui n’est surveillée par personne, étant toujours fermée à clef. Il est vraisemblable qu’elle a été ouverte hier soir avec une fausse clef.

« D’autre part, il arrivait souvent, au dire des domestiques, que lorsque M. Olmey sortait pour peu de temps, il ne prenait pas la précaution de fermer cette porte à clef, pour ne pas avoir la peine de l’ouvrir à son retour.

« Les soupçons se sont portés un instant sur les domestiques, mais l’hypothèse de leur culpabilité a été bientôt écartée.

« Félix Béhaut et sa femme ont une réputation inattaquable et, d’autre part, il est à peu près certain que le défunt n’avait pas pris de disposition qui eût pu donner à quelqu’un l’idée de hâter sa mort.

« On a prévenu en hâte Mme Léopold Olmey, la belle-sœur de la victime, mais il se trouve qu’elle a quitté Paris le soir même du crime pour un voyage en auto. »

Georges leva le nez…

— Le soir du crime ?…

Georges savait pertinemment, lui, que c’était le lendemain.