— Quel est donc ce Markeysen qu’elle est si pressée de voir ?…
Cette question, posée à Laurence, ne peut rien compromettre. Et puis il n’est pas mauvais de donner à Mme Murier l’impression qu’on ne la laisse pas tomber. Elle a dû s’étonner un peu que le court entretien d’Ouchy n’ait pas eu de suite.
— Attendez… dit Laurence, je n’ai jamais vu ce monsieur, mais je crois savoir qui il est. Markeysen ? oui, c’est bien ça… C’est le monsieur qui a épousé la femme divorcée de Lucien Olmey.
Renseignement probablement intéressant, mais que Georges ne sait où placer dans son casier encore incomplet.
Cependant, voici Béatrice qui sort du téléphone. Elle a pu obtenir la communication avec un hôtel de Zurich. On n’y connaît pas le nom de M. Markeysen. Il faudrait encore téléphoner dans plusieurs hôtels, mais le plus court, en somme, c’est d’y passer. D’ailleurs il se peut très bien qu’il ait traversé Zurich sans s’y arrêter dans un hôtel et en faisant simplement une visite à une banque où il a des intérêts. Mais Béatrice ne sait plus exactement le nom de cette banque. Sur place, il est évident qu’on la trouvera.
— Allons, dit Georges, nous sommes tout près de là-bas, à peine à une heure, même à l’allure modérée exigée sur les routes helvétiques.
En prenant place à côté de son chauffeur, il pense tout à coup à l’autre, au chauffeur de Mme Olmey.
Celui-là sera certainement interrogé par la police, si Béatrice est recherchée.
Elle l’a pris à part en le quittant sur la route de Moret. Georges s’en souvient maintenant. Elle lui a remis de l’argent, c’est entendu, mais elle lui a peut-être dit autre chose.
Peut-être lui a-t-elle demandé de ne pas dire où elle allait. Mais le chauffeur allait-il garder le silence quand il serait interrogé par la police et quand il apprendrait qu’il s’agit d’un crime ?