A moins qu’il ne soit complice. Mais Georges n’envisage pas cette hypothèse. Si l’on se met à tout supposer, on ne sait plus où l’on va.

Et puis il raisonne comme si Béatrice était coupable, et il est bien certain du contraire.

Il lui semble que, même en envisageant comme possible cette monstrueuse supposition, jamais Béatrice ne l’aurait entraîné à sa suite, après avoir commis un assassinat…

Mais cet argument, à lui tout seul, ne vaut pas grand’chose, pense-t-il à la réflexion.

Il se souvient de la complainte de Fualdès où il est question d’un « scélérat fieffé et même sans délicatesse ».

Si Béatrice avait été coupable d’un crime, elle ne se fût pas attardée devant la petite chose pas gentille de mêler Georges à cette histoire-là. Il lui fallait quitter Paris de la façon la moins suspecte et elle n’avait pas le choix des moyens.

… Allons, allons, revenons au point de départ, faisons table rase de tous les sentiments et raisonnons comme si cette femme était coupable.

Il fallait qu’elle prît la fuite et en même temps que sa fuite ne parût pas trop étonnante.

Il fallait rendre explicable ce brusque départ de Paris.

Évidemment, elle pouvait avoir l’idée de le justifier par une fugue amoureuse.