Elle n’était pas partie toute seule avec Georges, c’est entendu. Elle avait emmené Laurence.

Eh bien, ceci, c’était encore plus habile. Il était tout naturel que, voulant partir avec un jeune homme, elle emmenât un chaperon.

Si vraiment elle est coupable, c’est une créature adroite.

Georges a besoin de dévisager Béatrice comme le ferait un juge d’instruction, mais, pour le moment, il lui tourne le dos et il faudrait la regarder attentivement sans marquer son insistance.

Voilà une petite glace au-dessus du pare-brise. En levant un peu la tête, Georges peut apercevoir dans ce rétroviseur la figure des deux femmes.

Béatrice ! Un visage d’une douceur enfantine. Se peut-il qu’elle soit une criminelle ?

Mais la vérité, c’est qu’il n’y a rien à en conclure. Georges, dans sa vie, n’a pas eu l’occasion de dévisager beaucoup de criminels.

Il a vu évidemment, dans les journaux, des photos de cambrioleurs et de meurtriers, mais sans doute il n’y a pas que les apaches qui commettent des crimes.

Dans un milieu tranquille et souriant, que de forfaits ignorés ! Que de morts qui semblent toutes naturelles et à propos desquelles aucun soupçon ne s’éveille !

Il y a certainement parmi les gens du monde des hommes ou des femmes qui ont été acculés au crime parce qu’ils n’avaient pas de portes de sortie.