Le fameux mandarin dont parle Jean-Jacques est le représentant légendaire d’une foule de personnages réels.
Il y en a eu de ces mandarins dont la mort n’était pas sans bénéfice pour quelqu’un ! Il suffit de presser un bouton, dit Jean-Jacques. Combien s’en est-il fait, de ces gestes meurtriers et silencieux !
… Si l’on voulait trouver une preuve de son innocence, ce n’était pas sur son visage qu’il fallait aller la chercher.
Sa façon d’agir plaidait plutôt en sa faveur. Comment s’était-elle comportée depuis l’instant du crime ?
Si elle avait tué vraiment Lucien Olmey, aurait-elle commis la folie de fuir le soir même du meurtre, sans penser une minute que sa fuite allait l’accuser ?
Tout de même, là-dedans encore, aucune preuve d’innocence. Le fait qu’un meurtrier affolé ait pu commettre une grave imprudence est au fond très normal. On raisonne comme si ces êtres violents étaient des gens de sang-froid.
Tout de suite après le meurtre commis, l’idée du châtiment se présente à leurs yeux. Alors ils sont dans la peau d’une bête traquée, prête aux témérités les plus absurdes.
Comme elle était pressée de gagner la frontière ! C’était bien l’affolement d’un être en fuite !
Et, en passant à la douane, quelle inquiétude ! Georges se souvint des regards qu’elle jetait autour d’elle.
Et quand elle lui avait retiré les journaux des mains ?