— Vous avez reçu l’ordre de m’arrêter, au sujet de l’assassinat de Lucien Olmey ?

— Non arrêter, simplement… tenir en vue.

Que dut à ce moment penser Laurence ? Elle devait être plutôt déconcertée, choquée sans doute, par un de ces événements qui vraiment ne pouvaient se passer dans son monde, un fait à la fois grave et saugrenu.

— Eh bien, gardez-moi à vue, dit Béatrice. Mais mon ami peut continuer sa route ?

— Mes ordres, dit le fonctionnaire, ne sont concernant que de vous.

Il s’exprimait dans une langue assez hésitante, mais on comprenait tout de même assez clairement ce qu’il voulait dire.

— Je vous en prie, dit Béatrice à Georges, à tout prix rejoignez Markeysen et ramenez-le ici. Laurence, restez avec moi et je vous demande de ne rien vous expliquer avant l’arrivée de mon ami d’Amsterdam.

Ce disant, elle tendit la main à Laurence, qui la lui serra avec une confiance, il faut le dire, un peu réservée.

Dans son monde, bien entendu, on n’assassinait pas, il n’était pas question de cela. Mais il n’était pas bien porté non plus de se faire arrêter…

Georges était déjà parti, quand le fonctionnaire se retira à son tour… Un agent en uniforme se promenait dans le couloir. En regardant par la fenêtre qui donnait du rez-de-chaussée sur le jardin, Béatrice et Laurence virent deux autres individus vêtus d’une façon simple et correcte et qui, assis sur un banc, contemplaient la nature…