— Oui ! Qu’y a-t-il ?
— C’est un monsieur qui voudrait parler à madame dans le bureau de la direction… A madame seule, a dit ce monsieur, ajouta l’employé, en voyant que Georges s’apprêtait à suivre Béatrice.
— Monsieur viendra avec moi, déclara nettement la jeune femme. C’est mon compagnon de voyage. Et vous aussi, Laurence, venez !
L’employé s’inclina. Il y avait dans le ton de la jeune femme de l’autorité, et aussi comme une sorte d’allégresse. Elle semblait soulagée de laisser tomber toute contrainte. Ils arrivèrent dans le bureau de la direction et se trouvèrent en présence d’un petit monsieur grisonnant aux joues rasées et rebondies. Avec un fort accent allemand, il déclina en français un titre important et compliqué où s’entendait surtout le mot : police !
— Je voudrais parler seul à madame.
Il chercha laborieusement un mot et finit par dire, non sans timidité :
— Confident.
Mais Béatrice, cette fois encore, résista.
— Je crois savoir de quoi il est question. Mes amis resteront ici. Car leur présence ne peut gêner que moi.
Le monsieur grassouillet se balançait, embarrassé par la délicatesse de sa mission ou par les difficultés de la langue française.