— Il y a longtemps, continua M. Markeysen, que vous connaissez Béatrice ?
— Oui, dit Georges, un peu gêné, pas mal de temps… Mais c’est la première fois que nous voyageons ensemble… Nous sommes partis avec une de ses amies, se hâta-t-il d’ajouter, madame Murier.
— Connais pas, fit Markeysen.
— La femme du sculpteur.
— Ah ! oui, oui, je vois. Un type à barbe grise, bouclée, qui se regarde dans les glaces. Oh ! il n’a rien de positivement désagréable.
Markeysen faisait en somme bonne impression. C’était un homme net, tout d’une pièce, qui ne perdait pas son temps à chercher des circonlocutions… Ils restèrent quelque temps sans rien dire. L’auto filait à bonne allure.
— Qu’est-ce qu’elle va nous sortir ! fit Markeysen au bout de quelques instants.
C’était précisément ce que Georges était en train de se demander.
— Pourquoi a-t-elle filé de Paris si rapidement ? dit Markeysen. Ce n’est pas une folle, elle ne m’a jamais fait cet effet-là, je trouve même que c’est une personne assez judicieuse. Vous savez que, comme femme d’affaires, elle a de sérieuses qualités… Pourquoi est-elle partie comme ça ?… Enfin, ça ne sert absolument à rien de se poser des questions, auxquelles ni vous ni moi ne pouvons répondre.
Et il se mit à parler auto. Au fond, il avait été assez impressionné par ce match de vitesse et il interrogea longuement le jeune homme sur les particularités de sa vingt-quatre chevaux.