— Pourquoi, pourquoi est-elle partie ? répétait-il… Aurait-elle été la cause d’un accident ? Aurait-elle tué son beau-frère en jouant avec une arme à feu et s’est-elle affolée ensuite ?… parce qu’elle se trouvait seule avec lui et qu’on pouvait l’accuser de l’avoir assassiné ?

Georges ne répondit rien, mais un léger frisson le secoua au souvenir du petit revolver qu’elle lui avait montré. Il y manquait une balle… Il se rappela la phrase de Béatrice : « Ce joujou a peut-être déjà travaillé. » Son oreille reconstitua le ton que la jeune femme avait pris à ce moment pour prononcer ces quelques mots.

Tout de même, une inquiétude était rentrée dans son âme…

On n’arrivait pas. Le jour commençait à s’assombrir. A cet endroit la route était moins roulante, plus sinueuse… Comme Béatrice devait s’énerver là-bas !…

Pourquoi n’avait-il pas téléphoné qu’il avait retrouvé le banquier et le ramenait en sa compagnie ?…

Désespérée d’être sans nouvelles, de quoi serait-elle capable ?

Et puis, peut-être l’avait-on arrêtée tout à fait ?

Le fonctionnaire qui la faisait garder à vue pouvait avoir reçu des instructions plus sévères…

On était tout près maintenant, puisqu’on atteignait la douane allemande. Les formalités pour les deux voitures furent interminables. Et toute cette paperasserie encore à la douane autrichienne !

Georges n’osait pas montrer son impatience au banquier. Mais M. Markeysen était peut-être aussi anxieux. Tout de même, il accusait plus de sang-froid et de flegme.