Elle fit un grand effort pour reprendre son souffle.

— Il a été tué en effet avec une des balles de ce revolver.

Elle tirait en même temps de son sac et posait sur la table le petit revolver que Georges avait déjà entrevu une fois, dans le défilé de l’Arlberg.

Ils durent tous prêter l’oreille pour entendre la suite de son récit :

— Samedi donc, la veille du jour où nous sommes partis, dit-elle en s’adressant à Georges et à Laurence, samedi, vers huit heures du soir, j’ai reçu un coup de téléphone…

« Je suis allée chez lui. J’ai passé par la porte de la petite rue. J’avais la clé. Lui, je l’ai trouvé dans son appartement, seul. Il avait, ce soir-là, congédié ses domestiques.

— Reposez-vous, dit Markeysen, vous n’avez plus de voix.

— Non, non, il faut que je parle… Arrivée dans le salon qui lui sert de bureau personnel, j’ai trouvé un homme calme, qui m’a dit ceci : « Il me manque neuf millions pour des échéances ; je suis perdu et je vais me tuer. »

Béatrice s’arrêta de nouveau pour respirer.

« … Je vais me tuer, disait-il, mais j’ai voulu vous prévenir avant… »