Mais Georges lui répondit avec une volubilité telle, dans une langue inconnue, que l’autre, impressionné, s’effaça.
Déjà Béatrice avait sauté au cou de M. Markeysen. Georges profita de ce que Mme Olmey était occupée pour dire bonjour à Laurence. Mais Béatrice ne l’oubliait pas. Elle lui tendit une petite main, qui lui sembla fondante de tendresse.
— Asseyons-nous, dit Béatrice.
XVI
Béatrice Olmey n’était sans doute pas insensible en temps ordinaire au plaisir de produire, avec une révélation sensationnelle, des effets théâtraux.
Mais, à ce moment-là, elle n’était pas assez maîtresse d’elle-même pour dominer son public, le rendre haletant et choisir savamment son moment pour déchirer d’un geste brusque le voile du mystère.
Elle se tenait devant eux comme un pauvre petit être tout chétif que Georges eût bien voulu prendre dans ses bras.
Elle était oppressée et il semblait qu’elle ne pourrait jamais sortir une parole.
Elle finit cependant par dire très vite, comme un écolier se débarrasse de sa leçon :
— Vous savez pourquoi je suis ici. On m’accuse d’avoir tué Lucien Olmey.