— Tout de même, dit M. Nordement, il faudrait que je voie ça d’un peu près.
— Ce ne serait pas inutile, renchérit Mme Nordement, d’avoir là-dessus les conseils de papa.
— As-tu seulement pris des renseignements sur ces gens ? dit M. Nordement.
— De tout premier ordre, dit Robert. D’ailleurs, je n’ai qu’à te donner leur nom, et tu pourras t’informer de ce qu’ils valent… Seulement, ce qu’il y a d’ennuyeux, c’est que ça se sait toujours un peu quand on va aux renseignements… Et ils ne seraient pas contents s’ils savaient que j’ai demandé une fiche sur eux…
— Je ne suis pas un enfant, dit papa. Ce n’est pas toi qui te seras renseigné, ce sera moi… Et d’ailleurs, je te garantis qu’ils n’en sauront rien. Dis-moi seulement le nom…
— La maison Gaudron, de Caen. Elle a plus de cinquante ans d’existence.
— C’est déjà une recommandation, dit papa… Voyons… il est sept heures. Je saurai dans une demi-heure tout ce que j’ai besoin de savoir. A condition, toutefois, que ces demoiselles du téléphone veuillent bien y mettre de la complaisance…
— Louise, dit-il à la femme de chambre, demandez-moi Gutenberg 22.64… Arthur, dit-il à Robert, est encore à son bureau. Sa maison de banque est en relations avec tout ce qu’il y a d’intéressant en Normandie.
— Papa est bien d’avis que je ne dois pas faire attendre mon patron ?… J’ai un poste important dans la maison. Et j’ai dit que je ne serais absent que deux jours…
— Ah non, dit maman, tu arrives ! Tu vas bien rester une semaine avec nous. Tu n’as pas bonne mine, tu sais, mon garçon…