— Un marchand de chevaux, dit papa…

— Un marchand de chevaux, dit maman…

Ils se regardèrent. Ils avaient eu des grands-pères et des grands-oncles marchands de chevaux. Cette profession, si honorable fût-elle, manquait un peu pour eux de prestige.

— C’est, dit Robert, une des plus grosses maisons de Normandie. Même aux moments les plus difficiles, ils ont toujours eu leurs écuries bien garnies. Ils ont la clientèle de plusieurs grandes compagnies. Et si vous voyiez leur grenier à fourrages !

— Mais, dit M. Nordement, avec le développement de l’auto ?…

— Tu penses bien, papa, qu’ils y ont pensé, et qu’ils sont parés de ce côté-là. Et, d’ailleurs, on aura besoin de chevaux pendant de longues années encore.

Il resservait heureusement des phrases qu’il avait entendu dire à Ernest.

Il ajouta :

— Je sais qu’ils étudient des affaires de transport automobile.

Cela, c’était une invention, qui se trouvait concorder par hasard avec la vérité.