— Si court ? dit papa.

— Eh bien ! oui… Il va falloir que je me remette à travailler…

— A travailler ?

Venant de son fils, aucune parole ne pouvait étonner davantage ce vieux travailleur.

— Papa, dit Robert, il s’agit d’une affaire importante… et qui te fera plaisir. J’aurais voulu ne t’en parler que lorsqu’elle aurait été définitivement conclue. C’est pour cela que j’ai différé mon retour auprès de vous. Mais, comme j’avais hâte de vous revoir, je suis venu sans attendre la conclusion définitive…

— Tu m’intrigues, dit M. Nordement. Tu veux en parler à ta mère aussi ?

— Tu penses ! dit Robert, qui commençait à savoir à peu près ce qu’il allait leur dire, mais qui n’était pas fâché d’attendre encore une ou deux minutes pour avoir le temps de mettre l’affaire sur pied…

Quand Mme Nordement fut descendue, il leur raconta qu’il avait désormais à Caen une situation de grand avenir, un emploi pour le moment rétribué par un fixe — un joli fixe — et qui pouvait devenir à brève échéance une situation d’intéressé, voire d’associé…

— Et en quoi consiste cette affaire ? demanda M. Nordement, à qui sa prudence naturelle donnait un peu d’inquiétude.

— Je suis chez un marchand de chevaux.