— C’est décidément plus sage de s’en aller, dit encore Robert…

Il était soulevé de bonheur. Il fut d’une gaieté folle pendant tout le dîner.

On déjeuna le lendemain avant midi. Papa partit ensuite avec Robert. Il le quitta à la gare Saint-Lazare, car on l’attendait au bureau. Et le train de la ligne de Cherbourg ne partait qu’une demi-heure après.

Robert était installé dans son compartiment quand il aperçut tout à coup, courant sur le quai, sa sœur Jenny… Elle tenait à la main un télégramme…

— Voici une dépêche qui vient d’arriver pour toi ! dit Jenny tout essoufflée. Nous avons pris sur nous, maman et moi, de l’ouvrir, et je crois que nous avons bien fait. Je me suis procuré une auto et je te réponds qu’elle a rudement marché pour venir directement à la gare.

La dépêche disait :

Sommes obligés venir Paris. Vous attendons sans faute Majestic.

Gaudron.

— … Maman s’est rappelé que Gaudron, c’était le nom du monsieur avec qui tu travaillais. J’ai bien fait de te l’apporter, n’est-ce pas ?

— Tu es un ange, dit Robert à Jenny, qui ne se lassait pas de recevoir des félicitations pour son initiative…

Puis il se hâta de reprendre sa valise et de descendre de ce train, qui s’en alla tout de même à Lisieux, à Caen et à Cherbourg, en emmenant des infortunés qui ne connaissaient pas Fabienne, mais qui ignoraient leur malheur.