Tout cela était assez difficilement réfutable, surtout pour une personne qui n’apporte plus une grande énergie à la réfutation. Il la prit dans ses bras. Elle avait dit cent fois non, et n’eut pas à dire une seule fois oui.

Un moment après, il fallut retaper le lit, et lui donner un aspect convenable.

— Quoique, dit Fabienne, je puisse très bien m’y être étendue après le déjeuner pour me reposer. Nous sommes partis ce matin, à cinq heures.

Il s’assit sur un fauteuil pour la regarder s’habiller. Ah ! quelle adorable femme !

Chez ses parents, il avait retrouvé, c’était entendu, le chez-lui de son enfance. Mais son chez-lui de maintenant, c’était partout où était Fabienne. Et décidément tous les meubles de cette chambre d’hôtel étaient aussi sympathiques que le buffet de la salle à manger…

Avec Fabienne, nul besoin d’appeler des souvenirs à la rescousse. Une joie vivante, actuelle, nouvelle, naissait constamment de sa présence.

Il se leva, s’approcha d’elle et la prit tendrement dans ses bras.

— Petite Fabienne, tu es ma raison de vivre…

— C’est entendu. Mais nous allons sortir. Maintenant, tu es d’une ardeur tout de même un peu moins vive que tout à l’heure. La promenade sera charmante, car, comme tu dis, tu seras à la conversation. Si nous ne sortons pas tout de suite, tu feras encore des bêtises. Et, après cela, qu’arrivera-t-il ? C’est que tu seras endormi et plus du tout à la conversation… Dépêchons-nous donc, mon chéri : il faut que nous soyons rentrés à six heures. Ernest a l’intention de nous emmener faire un bon dîner.

— Ernest… dit Robert. Je suis assez content de le revoir…