Or, parmi les informations des agences et les résultats des courses, il vit une petite affiche manuscrite. On annonçait qu’il avait été perdu dans l’hôtel une broche « émeraude et saphir ».

Robert, sans s’en rendre compte, ne put s’empêcher de tourner les yeux vers Esteban, mais le petit Orega regardait cette même affiche avec une indifférence parfaite.

— Allons travailler un peu avant le dîner, fit Robert.

Ils montèrent ensemble l’escalier. Sur le palier du premier, Esteban s’arrêta pour donner la main à une jeune fille très forte et très brune, qui était encore habillée en petite fille, et coiffée avec des nattes pendantes.

— Ma petite amie Concepcion, dit le jeune garçon… Mon professeur, M. Robert Nordement…

Concepcion fit une sorte de révérence un peu gauche, sourit à Robert de toute sa bonne figure et sourit ensuite de même à son petit ami Esteban, qu’elle dépassait de la tête.

Ils quittèrent la jeune fille pour se diriger vers l’appartement des Orega. Ils passèrent devant la chambre d’où Esteban était sorti avec mystère après le déjeuner.

La porte de cette chambre était grande ouverte. Deux domestiques de l’étage étaient en arrêt sur le seuil. Robert s’arrêta, lui aussi, et vit que, dans la chambre, le gérant de l’hôtel était en conférence avec deux messieurs inconnus.

Esteban n’était pas curieux : il s’éloignait, sans hâte apparente, dans la direction de leur appartement. Robert, s’adressant à un des domestiques, fit un signe d’interrogation…

— C’est monsieur le commissaire qui se trouve là, dit le domestique, rapport à une broche qui s’a trouvé perdue. Voilà la seconde fois en huit jours qu’il se perd un bijou chez ces personnes. On commence à se dire que ce n’est guère naturel. Heureusement que, nous autres, on est connu, et que l’on sait qui nous sommes. Mais, tout de même, ça finit par n’être pas agréable.