— Voyons cela, fit Robert.

— C’est de jouer à la boule pour moi. Comme je suis trop jeune, les employés ne me laisseraient pas jouer… Soyez gentil, dites ? Jouez pour moi…

L’éducateur essaya de résister. Son disciple avait pris sur lui une telle autorité que sa résistance fut courte, et qu’il se décida à s’approcher de la boule, pendant que le petit Orega restait près de lui, mais en dehors de cette corde de soie, qui prétendait creuser un abîme infranchissable entre les majeurs et les mineurs.

Le petit jeune homme jouait par louis, et passa à Robert, à la dérobée, deux ou trois billets de cent francs, qui fondirent en quelques minutes.

Il tirait d’autres billets de sa poche… Mais Robert se gendarma…

— Je ne veux plus que vous jouiez… C’est très mal… Voyez-vous que vos parents viennent à l’apprendre ?

— Et c’est sur vous que cela retombera ?

— Ce n’est pas ça, dit Robert gêné… Ce n’est pas du tout pour cette raison… Et puis, je vous ai déclaré que vous ne joueriez plus… Vous ne jouerez plus, voilà tout.

Et, ce disant, il s’en alla d’un pas résolu vers la sortie.

Esteban le suivait docilement jusqu’à l’hôtel. Arrivé dans le hall, Robert, machinalement, s’arrêta devant une sorte de tableau où l’on placardait les nouvelles du jour…