Or, Robert n’était pas heureux.
Il fallait agir, prendre une résolution. Souhaitait-il à ce moment d’être l’amant de Fabienne ? Il n’en était pas sûr.
Qu’attendait-elle de lui ?
N’allait-elle pas le décevoir, en continuant à la serrer dans ses bras, sans plus, en appuyant ses lèvres sur les siennes, en un long baiser rituel et interminable ?
Sa jeunesse lui disait de profiter de l’occasion.
Mais son expérience médiocre l’emplissait de timidité.
Il aurait voulu dire à Fabienne : Non, pas encore. Nous ne devons pas être l’un à l’autre d’une façon aussi furtive. Il faut que notre rapprochement ait quelque chose de plus solennel, de plus nuptial.
Mais ces paroles mêmes, il ne pouvait guère les prononcer. Car, en paroles, ils n’avaient pas été bien loin. C’était bien entendu qu’on serait un jour amant et maîtresse. Mais il ne fallait pas encore se le dire.
D’autre part, il était mal installé, et craignait de se montrer maladroit.
Toutes ces conditions n’auraient pas pesé lourd, s’il avait eu moins de réflexion et plus d’emportement. Mais sa réflexion paralysait son emportement.