D’ordinaire, il quittait le bureau vers six heures. Ce jour-là, il s’en alla une heure plus tôt. Quand il avait un aveu à faire, même d’un poids léger, il avait hâte de s’en débarrasser.
Il trouva la jeune femme dans son boudoir, en train de lire. Il l’embrassa avec tendresse, mais posément, et comme un homme que n’agitait aucun souci pressant.
Ce n’est qu’en s’asseyant près d’elle, au coin du feu, qu’il se décida à lui dire, d’un ton qui ne parût ni trop important, ni trop détaché :
— J’ai tout de même écrit à mes parents… Oui, je leur ai envoyé un petit mot, à ces pauvres gens, pour les tranquilliser sans retard.
Après un moment de silence :
— Vous avez bien fait, dit-elle.
Il la connaissait assez pour savoir que l’incident n’était pas clos, en dépit de cette parole rassurante.
— Comment leur avez-vous dit cela ? demanda-t-elle d’une voix angélique.
— … J’ai employé une formule vague… Je leur ai dit qu’aussitôt que je pourrais aller au Vésinet, je les en aviserais… Comme ça, ils s’imagineront que je puis revenir d’un jour à l’autre… Alors je pourrai les traîner autant que je voudrai…
Elle dit simplement, au bout d’un instant, toujours avec un grand air d’innocence :