— Il vous a laissé son adresse au Vésinet ?

Elle la savait par cœur…

— Oui, dit-elle, je crois que je dois l’avoir dans mon sac là-haut…

— Demain matin, dit Ernest, on lui enverra un télégramme pour qu’il vienne nous retrouver au Majestic, à Paris.

— … A Paris ?

— Oui. Au lieu de partir pour Caen, nous irons à Paris demain. Vous comprenez, il est absolument nécessaire que je lui parle sans retard. Je vous répète : l’affaire prend une tournure sérieuse. Je me suis assuré cet après-midi des concours importants. Il m’a toujours dit que, pour une entreprise solide, il trouverait des capitaux dans son entourage. Je n’en ai pas besoin, c’est entendu. Mais si je fais une bonne affaire, je tiens à ce qu’il en soit… Alors, dites ? C’est décidé ? On part demain. Mais il faudra se lever à cinq heures. Ce n’est pas au-dessus de vos forces. Et vous n’êtes pas femme à refuser un voyage à Paris ?

Elle ne répondait rien. Au bout d’un instant :

— Je ne sais pas trop, dit-elle, si je vous accompagnerai…

— Comment ?

— Je verrai cela, j’irai toujours avec vous jusqu’à Rouen. De là, le train pourra me ramener chez nous.