— J’ai rendez-vous demain lundi avec deux types des environs qui marcheront peut-être avec nous. J’irai les voir avec Debousquet. Mais mardi matin, à la première heure…
Et il fit le geste expressif de frapper la paume de sa main gauche avec le dos de sa main droite.
— La famille Debousquet, elle nous a vus pour un moment maintenant.
Mais, le lendemain après midi, arriva la lettre de Robert, où il parlait de la prolongation probable de son séjour au Vésinet.
Ernest, au moment où le facteur passa, était parti en auto pour voir les gens des environs. Ce fut donc Fabienne qui décacheta l’enveloppe. Elle était à ce moment assise dans le parc avec sa belle-sœur et sa nièce. Elle eut besoin d’un grand effort pour dominer son émotion. Elle monta dans sa chambre, où elle fut prise d’une sorte de tremblement nerveux, qui fut suivi d’une violente crise de larmes.
Ernest heureusement ne rentra pas tout de suite. Elle eut le temps de se remettre avant la fin de l’après-midi.
Quand il revint en auto, elle fut capable de lui tendre la lettre d’un air indifférent, un peu trop indifférent même. Mais il ne remarqua pas cette nuance, tout en entier à un dépit, que lui au moins n’était pas obligé de dissimuler.
— Il est embêtant ! dit-il. Il est embêtant ! Qu’est-ce qu’il fiche là-bas avec ses histoires de famille ? Et puis, j’avais besoin de le voir le plus tôt possible pour cette affaire dont la conclusion ne doit pas souffrir de retard. Il est embêtant, ce garçon-là !
Il fut de mauvaise humeur pendant tout le dîner. Mais son visage, vers la fin du repas, s’éclaira. D’un coin de table à l’autre, il fit à sa femme un signe d’intelligence, auquel elle ne comprit rien.
Quand on se leva de table, il s’approcha d’elle.