Pecq-Vizard cache sa méfiance sous un petit air pressé. Il touche protocolairement la main de Langrevin, et aperçoit, non sans surprise, Marcel.
— Tiens, tu es là, toi ?
Marcel, lui aussi, a droit à un effleurement de main.
Puis M. Pecq-Vizard abandonne Marcel et s’adresse à M. Langrevin. Il tâche évidemment de ne pas être trop sec…
— Tu m’as fait demander. Je pense que c’est pour une chose importante : j’ai un conseil d’administration tout à l’heure…
Marcel prend la parole :
— Monsieur Pecq-Vizard, mon père m’a mis au courant de ce qui s’est passé. Je sais qu’il vous a emprunté il y a peu de temps trente mille francs. Il se trouvait dans un pas difficile…
— Oui, et il ne m’a pas soufflé mot de ces difficultés.
— Je sais. Vous ignoriez qu’il était dans l’embarras. Alors vous ne vous êtes pas douté de l’importance du service que vous lui rendiez… C’est ce que j’ai dit à papa. Tu aurais dû dire à ton ami que tu avais des ennuis. Alors ce n’est pas trente mille francs qu’il t’aurait prêtés, mais tout ce qui t’était nécessaire pour te remettre à flot.
— J’ignore, répond M. Pecq-Vizard après un léger silence, j’ignore ce que j’aurais fait. Ce que je sais bien, c’est que votre père m’a caché sa situation, et qu’il me semblerait tout à fait injuste d’être traité comme ses autres créanciers, qui, eux, ont fait des affaires avec lui, qui en subissent les risques, et dont le découvert actuel comprend un bénéfice, ce qui n’est pas mon cas… Il serait anormal de toucher comme eux — mettons trente ou quarante pour cent — de ce que votre père me doit…